L’urbanisme tactique débarque en ville

Deux étudiants en architecture et design urbain de l’Université Laval ont inauguré le 1er avril le projet d’urbanisme tactique #Chaisesnomades sur le campus de l’institution d’enseignement. Et ce n’était pas un poisson d’avril!

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L’urbanisme tactique est un mouvement popularisé aux États-Unis », expliquent Alexandre Boulianne et Jean-François Laroche, responsables du projet. « C’est une nouvelle façon d’aménager les espaces publics en se soustrayant à la plupart des contraintes qui sont trop souvent posées par les administrations municipales. Il s’agit d’interventions réalisées par les citoyens. Comme elles sont ancrées dans la dimension locale, elles permettent de faire émerger des besoins parfois méconnus des autorités publiques. L’avantage, c’est que les projets d’urbanisme tactique sont réalisés rapidement, ce qui permet d’avoir un retour immédiat. »

Le projet consiste à installer soixante chaises, récupérées et repeintes, dans un espace public extérieur situé entre les pavillons Jean-Charles-Bonenfant et Charles-De Koninck. L’objectif est de valider certaines hypothèses en vue du réaménagement de cet espace animé qui est situé juste en face de la bibliothèque du campus.

On veut voir comment les gens vont utiliser un mobilier qui est flexible, comment ils vont positionner les chaises dans les endroits qui sont les plus agréables pour s’asseoir », poursuivent les deux étudiants. « À Québec, et peut-être même au Québec, ce type de mobilier n’existe pas dans les espaces publics. On est assez frileux, sans doute à cause de la crainte du vol. Pourtant, plusieurs parcs aux États-Unis et en Europe y ont recours. »

Jean-François Laroche, qui s’est intéressé à la façon dont les espaces publics vivent en hiver lors d’un voyage d’études en Suède, renchérit en citant en exemple la place Medborgarplatsen (qu’il est d’ailleurs capable d’épeler sans hésitation…) dans la ville de Stockholm : « C’est un espace public ouvert, sans délimitations, et qui comporte pourtant du mobilier mobile. »Après un premier après-midi d’observation, les initiateurs du projet sont surpris de la façon dont les gens réagissent.

C’est comme si les passants considèrent les chaises – qui il est vrai sont d’un inhabituel et pétant jaune printanier – comme une installation artistique. Ils les touchent, les tournent, les assemblent et les déplacent, mais ne s’assoient presque pas! »

Les étudiants suggèrent qu’une période d’adaptation est peut-être nécessaire avant que les chaises ne retrouvent un usage plus normal.Diverses configurations de chaises et d’autres activités, comme la possibilité de servir du café, seront testées au cours des deux prochaines semaines. Le projet est en place jusqu’au 11 avril.À quand un projet comme celui-là pour Saint-Sauveur?