Le Nid du Phénix: Saint-Sauveur en sushis

Il y a quelques années, j’étais une fervente adepte du Nid du Phénix. Le petit resto au coin des rues Bagot et Bayard était un secret bien gardé du quartier Saint-Sauveur. Il était impensable d’y aller sans réserver et des clients défilaient toute la soirée pour y prendre des commandes de sushis à emporter. Pourtant, on doit dire que l’endroit ne payait pas de mine. Les amis que j’y ai amenés s’arrêtaient d’ailleurs immanquablement à l’extérieur, regardaient la bâtisse délabrée dont la peinture s’écaillait et me disaient: « On mange des sushis, là? T’es certaine? »Et il faut dire qu’ils n’étaient rassurés que lorsqu’ils commençaient à manger, car la décoration intérieure du commerce était à l’image de l’extérieur. Somme toute, les sushis qu’on y mangeait étaient bons… Sans hésiter, je dirais les meilleurs à Québec!Un jour, je me suis tout simplement cogné le nez sur la porte: sans tambour ni trompette, les proprios avaient mis la clé dans la porte et avaient pris la direction de Ste-Catherine-de-la-Jacques-Cartier où ils ont opéré le restaurant vietnamien La Petite Paillotte.C’était donc tout à fait inespéré: le mythique Nid du Phénix a rouvert ses portes il y a quelques semaines, au même endroit, et toujours sans tambour ni trompette.

Ce qui a changé

On le remarquera avant même d’entrer: la bâtisse a subi quelques rénovations extérieures. D’autres, plus importantes, ont été effectuées à l’intérieur. C’est un beau plus pour l’endroit qui, s’il n’est pas flambant neuf, est néanmoins très propre et invitant.

Ce qui n’a pas changé

La communication n’est toujours pas facile avec le resto: on répond au téléphone en fin de journée seulement, et il n’y a pas de boîte vocale pour laisser de message. Il n’y a pas de site web pour obtenir de l’information ou consulter un menu. Il y a un groupe Facebook auquel on peut adhérer: à noter qu’on doit autoriser notre adhésion et les commentaires qu’on ajoute dans le groupe sont modérés.Malgré tout, arrivé sur place, l’accueil est des plus chaleureux – on pardonne tout le reste. En plus, même si c’est rénové, on a conservé les petites banquettes/cabines uniques à l’endroit (mais un peu élevées pour mon 5’ 1’’ – mes pieds ne touchaient pas le sol).À savoir: l’établissement n’a pas encore le permis requis pour qu’on puisse y apporter notre vin, ce qui ne saurait tarder, m’a-t-on dit. Vous comprendrez par contre mon air désespéré quand j’ai dû remettre ma bouteille de vin dans mon sac et me résoudre à manger mes sushis avec un verre d’eau. Cela explique sans doute aussi pourquoi, même si quelques clients se sont présentés pour récupérer des commandes pour emporter, le resto était désert le soir de ma visite.Pour l’occasion, comme je voulais rapidement aller prendre mon verre de vin tant attendu du jeudi soir, j’ai fait rapide, et je n’ai commandé que quelques petits makis. Quel plaisir de retrouver les sushis qui m’avaient laissé un si bon souvenir, avec une fraîcheur impeccable et des goûts bien équilibrés.Si vous n’avez pas encore tenté l’expérience de ce resto qu’on ne retrouve que dans Saint-Sauveur, allez-y sans hésiter. Je croise mes doigts pour qu’on puisse bientôt y apporter notre vin: j’y retournerai à ce moment pour en profiter davantage.

Le Nid du Phénix449, rue Bagot418 525-5805