Le logement dans Saint-Sauveur : sortir des idées reçues

Le logement dans Saint-Sauveur est un sujet qui semble cristalliser bien des débats et des représentations de toutes sortes. On retrouve çà et là des annonces immobilières présentant des jolies maisons rénovées au dernier goût du jour et par ailleurs, on parle aussi de logements délabrés, voir insalubres. Comme si il y avait deux réalités distinctes, celles des propriétaires et celle des locataires. Pourtant il semble que la réalité du logement dans Saint-Sauveur soit un peu plus nuancée.

État du logement locatif dans Saint-Sauveur

Pour y voir un peu plus clair, je me suis tournée vers le Comité des citoyens et des citoyennes du quartier Saint-Sauveur qui tire depuis quelques temps la sonnette d’alarme sur l’état du logement dans le quartier. Les dernières données disponibles sur le logement dans le portrait du quartier font réfléchir.Premièrement, le taux de locataires est de 76 %, ce qui représente un taux élevé par rapport aux autres quartiers de la ville de Québec. Le taux d’effort au logement qui représente  le montant du revenu consacré au logement est relativement élevé. Selon les secteurs, entre 8 et 40% des habitants utilisent plus de 40%  de leur revenu pour se loger. On sait par ailleurs que Saint-Sauveur est un quartier plus défavorisé, et ce taux vient démontrer que se loger dans Saint-Sauveur reste un effort pour pas mal de locataires.  Cela n’aura échappé à personne puisque, dans les quartiers centraux, on a assisté à une hausse de l’évaluation des propriétés lors de la réévaluation de l’hiver 2013  et cela se répercute inévitablement sur les loyers. Avant même cette augmentation subite, la hausse du loyer moyen se situait à 4.2 % en 2010-2011 et 1.9 % en 2011-2012, une augmentation déjà conséquente pour les petits portefeuilles.

Des logements convoités

Une des solutions serait alors de trouver un logement moins cher. Déménager, oui, mais les options ne semblent pas nombreuses. En effet, le taux d’inoccupation est de 2 %. C’est en dessous du taux habituel d’équilibre fixé à 3 % qui permet de trouver facilement un logement. Cela se traduit pas une pénurie de logements, pas assez d’offres disponibles pour qui se cherche un logis moins couteux. Certains se trouvent donc dans l’impasse. On voit ici que le logement social subventionné et le développement éventuel de nouvelles unités est plus que pertinent dans le quartier…

Un parc  locatif ancien

70% du parc locatif de Saint-Sauveur a été bâtit avant les années 1960. La majorité des unités de logement du quartier sont donc considérés comme anciens. Si l’âge fait le charme de vieilles maisons, c’est l’occupant qui se retrouve avec ses désagréments : courants d’air, plomberie qui fuit et électricité vétuste. Cela dit, certaines situations deviennent tout à fait dramatiques  quand certains logements  tombent dans l’insalubrité due à la négligence. Un indicateur parlant;  les plaintes réalisées à la ville à ce sujet sont bien supérieures pour le quartier Saint-Sauveur qu’ailleurs.

Et les propriétaires alors ?

Il ne s’agit vraiment pas d’opposer locataires et propriétaires dans ce constat. Parce qu’on se rend compte et que contrairement aux idées reçues, les propriétaires du quartier ont aussi un taux d’effort au logement élevé, ce qui peut conduire à des difficultés quand vient le temps d’assumer de frais de rénovation majeure par exemple. Et ceux qui veulent devenir propriétaires, et qui pensaient pouvoir trouver un logement abordable et en bon état, se trouvent parfois bien désenchantés face à la montée des prix et l’étendue des rénovations à réaliser.Il devient donc de plus en plus difficile d’avoir son «chez-soi» que l’on soit locataire ou propriétaire. Cela dit le quartier reste un endroit où se loger est encore abordable tout en étant proche du centre-ville. L’une des grandes forces de notre quartier, c’est justement sa mixité sociale et garantir des logements de qualités pour tous les budgets pourrait bien la préserver.