Îlots de chaleur urbains : le dénouement heureux (2 de 3)

Plan du projet d’architecture de Caroline Chauvel
Collaboration spéciale de Mme Caroline ChauvelNotre scénario tel que raconté dans Îlots de chaleur urbains : un scénario de film hollywoodien pourrait bel et bien connaître un dénouement heureux! Car il est possible de modifier ou d’améliorer les espaces urbains afin de diminuer l’effet des îlots de chaleurs, entre autres, avec des projets d’aménagement ou d’architecture ingénieux.Mais d’abord, un peu d’histoire…Pour savoir où on va, il faut savoir d’où on vient. Auparavant, Saint-Sauveur était un quartier ouvrier. Les propriétaires étaient des communautés religieuses qui ont loti peu à peu leurs terres à des travailleurs. C’est pourquoi les parcelles distribuées ont souvent les mêmes dimensions.Aujourd’hui, les logements de Saint-Sauveur se trouvent généralement sur l’une de ces parcelles génériques d’origine ou sur une demi-parcelle, qui provient d’une division de la parcelle d’origine. Ainsi, les dimensions des logements se ressemblent souvent, bien que cela ne soit pas toujours apparent. Par ailleurs, beaucoup d’incendies ont marqué l’histoire du quartier, ce qui a engagé des reconstructions, généralement effectuées par les propriétaires eux-même. Ces reconstructions ont mené à la création d’un environnement très hétérogène.Autre fait notoire : avec le temps, notre quartier, jadis très peuplé vers la fin des années 1950, a connu une diminution de près de la moitié de ses habitants. Nous vivons donc moins serrés qu’auparavant. Cependant, la population tend à augmenter de nouveau, ce qui pourrait amener certaines parcelles inutilisées ou sous-utilisées à se densifier.
Dessin d’après les cartes d’assurance incendies de la Ville de Québec
C’est pourquoi Mme Caroline Chauvel, durant son projet de fins d’études en architecture, a imaginé un projet de 22 logements sur une parcelle existante de la rue Saint-Vallier. Ces habitations visent à diminuer l’empreinte humaine sur le climat local de la ville, tout en veillant au confort de ses habitants. Les logements proposés s’adaptent à différents types de ménage et apportent également une certaine mixité dans le quartier, avec commerces et espaces de travail. Certains types de logements comportent même des ateliers d’artistes. Cette mixité diminue les déplacements vers l’extérieur du quartier et limite ainsi l’utilisation de l’automobile. Par exemple, les logements situés sur la rue Saint-Vallier se trouvent au-dessus d’une bande de commerces.Les logements ont 3 ou 4 étages, avec parfois un demi sous-sol lorsqu’un atelier est mixé au logement, pour une hauteur maximale de 13m, ce qui correspond à la hauteur maximale des bâtiments de la rue saint-Vallier. Ces logements sont dotés de solariums vitrés, orientés vers le sud, qui créent une zone tampon entre l’intérieur et l’extérieur, afin de minimiser les pertes de chaleur en hiver ou de fraicheur en été. Les toits, privés, sont accessibles et aménagés en potagers. Un accès à une cour centrale intérieure est également prévu pour chaque logement.Les matériaux ont été choisis en fonction de l’orientation. Au sud, des matériaux clairs sont de mise afin de refléter la lumière, sauf dans certains cas ou ils sont utilisés pour capter la chaleur. Au nord, l’utilisation de matériaux clairs ou foncés importe moins, et les murs sont moins fenêtrés afin d’optimiser leur isolation.

Axonométrie des nouveaux logements
Mme Chauvel s’est également intéressée au design urbain du quartier. Dans son projet, elle propose qu’une rue sur deux se transforme en ruelle : elle n’est pas libre à la circulation automobile (sauf pour les résidents) et elle est végétale. Les îlots, petits, deviennent en quelque sorte des doubles-ilots pour la circulation des voitures. Elle a également imaginé une rue verte qui traverse le quartier, de la rivière Saint-Charles à la falaise, en tirant profit de la rue Saint-Germain, qui est le principal point d’accès à la rivière. Cette rue, qui se prolonge déjà par un escalier, mène à la rue des Érables en haute-ville. Une piste cyclable est alors aménagée sur la rue Saint-Germain, et des arbres y sont plantés. Génial, pourquoi pas!
Transformation de certaines rues en ruelles non-asphaltées
Au-delà de ces nouvelles idées et de ces développements novateurs, y a-t-il des gestes que NOUS, habitants de Saint-Sauveur, pourrions poser afin de contrer le phénomène des îlots de chaleur urbains? Citoyens conscientisés, ne manquez pas la suite!