La main des vivants

Source : Le Devoir, David Desjardins, 6 septembre 2012 L’appartement du quartier Saint-Sauveur est modeste, le tapis dans l’entrée est jonché de chaussures éparpillées dans tous les coins, la cuisine est un décor de fin de party où bouteilles vides, sacs de chips et boîtes de pizza maculées de taches de gras forment une construction bancale qui menace de foutre le camp. Adossée à son frigo, Catherine Dorion demande si nous avons vu le documentaire sur Gérald Godin.Dans la pièce où il fait chaud comme dans une étuve, il y a de la famille, des militants qui l’ont appuyée dans sa candidature pour Option nationale dans Taschereau, des amis, des enfants qui courent. Et moi, qui me suis invité pour voir de quoi pouvait avoir l’air une soirée d’élection dans un parti où tout est perdu d’avance.Parmi nous, personne n’a vu le film sur Godin.« Tu le vois partir faire campagne sur son bicycle », raconte Dorion. « Pis tu le vois aller vers les gens, leur parler, les convaincre. À un moment, il y a ce monsieur grec qui dit à la caméra : “ Je sais pas pour quel parti il est, mais je vote pour lui, je vote pour Godin. ” Comprends-tu, dit-elle, ce gars, il vote pour Godin parce qu’il le trouve vrai, parce qu’après avoir discuté avec lui, il constate que ce poète qu’il ne connaît pas, c’est du vrai monde. »C’est aussi ce que les gens se sont dit en voyant les clips de Catherine Dorion, qui en ont fait une vedette de cette élection. (…)[ Lire la suite ]